Colloque: "UTOPIE, VILLE ET PAYSAGE DANS LE MONDE ANGLOPHONE"

(CEUMA, EA 4086)
Sorbonne, 11 et 12 juin 2010 (amphi Quinet)

Programme scientifique
Colloque « Utopie, ville et paysage dans le monde anglophone »

 

            Les textes utopiques en langue anglaise offrent un très vaste corpus, inauguré par l’Utopia de Thomas More (1516). Ce corpus a déjà été étudié comme contribution aux idéologies politiques (Morton, 1938 ; Venturi, 1971 ; Schaer et Claeys, 2000 ; Appelbaum, 2002). Mais aussi très largement comme genre littéraire polymorphe (Dupont, 1941; Rees, 1995 ; Fernes, 1999). Plus récemment dans son rapport avec la perception de l’espace global (Racault, 2003).
            Le présent colloque aborde les textes utopiques en langue anglaise (principalement britanniques et américains) dans leur rapport à l’espace urbain et rural. L’hostilité à la ville est une tradition vieille de plusieurs siècles dans le monde anglophone, et les textes ou projets utopiques se présentent souvent comme une réponse globale à la dystopie urbaine. S’agit-il d’une stratégie de fuite passéiste ou d’une invention fertile de la civilisation future ? La réponse peut se lire à travers l’étude des espaces visuels imaginés. A partir du vaste corpus de textes et d’illustrations (souvent méconnues) se rattachant à l’utopie dans le monde anglophone, le colloque, rassemblant historiens des idées, des civilisations et des arts, ainsi que géographes et urbanistes, se propose d’explorer la pensée de l’espace qui est impliquée dans ce double discours à la fois critique et prospectif.
            Le rapport des sociétés utopiques à leur territoire imaginaire sera évidemment au centre du projet du colloque. Le rapport économique ville/territoire est crucial : qui travaille, où et à quoi ? Dans le contexte britannique d’une nation commerçante et bientôt industrielle, comment l’usage idéal du territoire est-il conçu ? Quelle place y tient la ville, et quel est son rapport au territoire ?
            Les communications ayant trait aux 17e et 18e siècles portent sur le rapport entre Etat, cité et territoire, dans une perspective qui est moins politique d’économique. Comment se négocient dans l’utopie les révolutions agricole et industrielle qui bouleversent les pays réels à cette époque ?
            La réflexion sur le paysage réunit les participants sur le 19e siècle. Comment le modèle idéal du jardin paysager s’articule-t-il avec un projet de société ? Représente-t-il une alternative à la ville moderne taxée de tous les maux ?
            L’Amérique et, à un moindre degré l’Irlande, sont l’objet de travaux sur le rapport entre le territoire concret et son imaginaire, qu’il soit textuel ou iconographique. Le rapport à l’espace se décline diversement, l’espace étant conçu tantôt comme lieu de production de richesses, comme lieu de résidence inédit, mi-rural mi-urbain, mais aussi comme lieu de loisir.

           

L’architecure, enfin, est au cœur de la problématique utopique, dans sa contestation du modernisme des années 1920 et de l’urbanisme des années 1980. Le discours utopique tient-il compte de la diversité des identités urbaines de notre temps, de la ville européenne de services à la mégalopole post-coloniale ? La planification traditionnelle est-elle la seule réponse aux problèmes de la promiscuité urbaine, de la santé publique, de la qualité de vie ?

           

Programme

           

 

Vendredi 11 juin (matin) :

Présidence : M.M. Martinet (Université Paris-Sorbonne, Paris IV)

9h: Mickael Popelard (Université de Caen): « The effecting of all things possible » : la science et la maîtrise de l’espace dans New Atlantis de Francis Bacon (1626).

9h45: Myriam-Isabelle Ducrocq (Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense): Ville, mer, campagne dans l’utopie républicaine de James Harrington, The Commonwealth of Oceana (1656).

10h30: Pause

10h45: Alexandra Sippel (Université Paris-Sorbonne, Paris IV): Paysage rural, paysage urbain dans the Travels of John Holmesby (1739).

11h30: Jacques Carré (Université Paris-Sorbonne, Paris IV): Utopie, paysage et cité dans Peter Wilkins de Robert Paltock (1751).

Vendredi 11 juin (après-midi) :

Présidence : Fabrice Bensimon (Université Paris-Sorbonne, Paris IV)

14h: Conférence de Gregory Claeys (Royal Holloway, University of London): The iconography of utopia.

15h: Laurent Châtel (Université Paris-Sorbonne, Paris IV): From Topiary to Utopia : the English landscape garden as projection.

15h45: Pause

16h: Yves Figueiredo-Couto (Université Paris-Sorbonne, Paris IV): La Californie : utopie réelle.

16h45: Antoine Capet (Université de Rouen) : De la difficulté de distinguer entre utopie « rurale » et dystopie « urbaine » : After London de Richard Jefferies (1885).

17h30: Dan O’Hara (Université de Cologne) et Alex Burghart (King’s College, London): « The City’s Gone ! » : Ruins of statues and the dystopian landscape.

 

Samedi 12 juin (matin) :

Présidence : O. Frayssé  (Université Paris-Sorbonne, Paris IV)

9h: Jeffrey Herlihy (University of Puerto Rico), conférencier invité : Brook Farm, Massachusetts 1841-1845 : a  transcendental tourist trap.

9h45: Adrien Lherm (Université Paris-Sorbonne, Paris IV): « Beauty v. City » ? Le city beautification movement aux Etats-Unis au tournant du XXe siècle.

10h30: Pause

10h45: Gérald Billard (Université de Rouen) et Arnaud Brennetot (Université de Rouen) : Broadacre city v. Futurama : deux visions contrastées de la ville dispersée dans l’Amérique des années 1930.

11h30: Thibaut Clément (Université Paris III) : We’ve all been there. Formes urbaines utopiques dans les parcs Disney : Main Street U.S.A, Frontierland et Discoveryland.

Samedi 12 juin (après-midi) :

Présidence : Charles-François Mathis (Université Paris-Sorbonne, Paris IV)

14h: Valérie Morisson (Université de Grenoble II): L’utopie touristique de John Hinde (1916-1998) : la photographie couleur entre fantasme et réalité.

14h45: Philippe Brillet (Université de Toulouse II): Quel espace pour l’utopie en Irlande ?

15h30: Pause

15h45: Diane Morgan (University of Leeds) : Le groupe Archigram : un parti pris, sans aucune ambigüité, pour la ville utopique.

16h30: Matthieu Dejean (Etablissement public d’aménagement de Sénart): L’iconographie des projets d’éco-cités en Grande-Bretagne.

Inscription : 10€ (sauf pour les intervenants) à l’entrée.
Pour l’accès à la Sorbonne, se munir du présent programme.